Bégaiements de l’Histoire !
Ecrit à l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, ce texte de Sylvain Cuzent, président de la MPEF, revient sur les hésitations, les reculs et les combats qui ont marqué l’histoire de l’abolition de l’esclavage en France. En faisant le lien entre mémoire historique et débats contemporains, l’auteur rappelle que certaines conquêtes politiques et humanistes ne sont jamais définitivement acquises et qu’elles nécessitent une vigilance constante.
Aboli par la Convention en 1794 sous la pression des esclaves révoltés de Saint-Domingue, l’esclavage fut rétabli en 1802 par Napoléon Bonaparte qui se demandait : « Comment a-t-on pu accorder la liberté à des Africains, à des hommes qui n’avaient aucune civilisation… ? »
Tellement sûrs d’eux-mêmes, les colons, ces « bons chrétiens », regardaient surtout leurs intérêts financiers mis en péril par des hommes qu’ils considéraient comme de grands enfants « incapable(s) de réflexion et de prévoyance, mû(s) seulement, comme les animaux, par le sentiment de leurs besoins ». Ce qui faisait écrire à certains, quelques années plus tard : « Il ne doit plus y avoir à Saint-Domingue que deux classes : le Blanc et l’esclave. Tous les anciens libres et mulâtres doivent être exterminés ou déportés. »
Tristes heures largement occultées de nos manuels scolaires. Il fallut attendre encore près de 50 ans pour que le décret du 27 avril 1848 abolisse définitivement l’esclavage sur tous les territoires français.
En 2001, le 10 mai, madame Christiane Taubira, députée de la Guyane, réussit à faire voter une loi reconnaissant l’esclavage comme « crime contre l’humanité ». Cette date du 10 mai est désormais celle de la, très discrète, Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.
On aurait pu penser que cette loi mettait un point final à ces bégaiements de notre histoire nationale sur cette question. C’était sans compter avec les revanchards et les nostalgiques du « bon temps des colonies ». À l’occasion des 25 ans de cette loi, le nouveau maire de Vierzon (divers extrême droite) a supprimé toutes les manifestations prévues pour cette journée. Par mesure d’économie, dit-il ! Elles auraient en effet impacté de près de 2 000 € le budget de la ville, d’un peu plus de 40 millions d’euros… Soyons justes, il n’est pas le seul ! À Carcassonne, ce n’est pas mal non plus !
On voit bien, à travers des « incidents » de ce genre, que les combats politiques ne sont jamais complètement achevés. Vigilance et mobilisation restent d’actualité.
On ne peut donc être jamais tranquille !?
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