Les identités, il faut savoir les respecter… et s’en moquer
Nos identités nous construisent, nous relient, nous ancrent. Mais elles peuvent aussi, parfois, nous enfermer. À l’heure où les appartenances sont souvent brandies comme des étendards ou des lignes de fracture, comment garder la juste distance ? Dans ce texte, Laurent Piolet nous invite à un pas de côté salutaire : regarder nos identités avec sérieux, sans jamais renoncer à l’humour, à la nuance… et à la liberté d’en sourire.
« Catholique par ma mère, musulman par mon père, un peu juif par mon fils, bouddhiste par principe... et athée, Ô grâce à Dieu. » La phrase est de Marcel Mouloudji (1922-1994) merveilleux chanteur et acteur. Accueilli gamin par les frères Prévert dans le groupe Octobre, il a été à bonne école en matière de dérision. Notez bien que sa mère était réellement catholique et son père kabyle, après le reste déraille un peu. Alors bouffe-curé à la Prévert ? Pas simplement. Car le reste de la chanson est tout aussi formidable dans d’autres registres : « Royaliste par ma mère, fataliste par mon frère, communiste par mon père, marxiste par mimétisme ». Et puis encore plus loin de la dérision de nouveau pour celui qui se décrivait dans sa personnalité : « Fripon comme un matou, vertueux comme un principe, coureur comme un toutou, foutu comme un as de pique, sensuel comme un caniche, modeste comme personne, dépravé comme un homme, cabot comme un ministre ».
Cette chanson est merveilleuse parce qu’elle vient chatouiller avec humour toutes nos identités telles que nous en héritons ou telles que nous nous les construisons. L’identité est une chose importante ; tenter de définir qui l’on est une phase incontournable pour chacun, d’où qu’il vienne. Mais nos identités ne doivent jamais devenir des crispations, des postures. Dès que nous sommes dans un repli identitaire, nous sommes très vite dans la position du bousculé, de l’offensé voire de l’agressé. Rien de plus complexe que la formation d’une identité, rien de plus important et structurant et pourtant il est essentiel de s’en distancier, de se décentrer. Pour ce faire, humour et dérision sont imparables et n’ont rien d’offensant. Moquons-nous de notre identité, parfois de traits de celle des autres tout en apprenant à nous écouter et nous comprendre. Se moquer, caricaturer ce n’est pas nécessairement blesser, pourvu que l’on pratique soi-même l’autodérision. Rappelons-nous que sur ce sujet, là où finit l’humour, commence la tyrannie. Selon l’image bien connue, lorsque le fou du roi n’avait pas fait rire le roi, cela se terminait mal pour lui.
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