Pâques ou un peu d’Espérance pour demain dans le chaos
À la lumière de Pâques, fête centrale du christianisme, Véronique MEGNIN, bénévole à la Frat’Aire du Pays de Montbéliard, nous invite à regarder autrement nos doutes et nos découragements. Entre chaos du monde et gestes du quotidien, elle partage une méditation sensible sur l’espérance, fragile mais bien vivante, qui se niche dans nos relations humaines.
Il y a quelques jours, les chrétiens fêtaient Pâques, la plus importante des fêtes chrétiennes, celle qui est promesse d’Espérance, de vie après la mort. Personnellement, j’ai toujours aimé ce temps qui vient juste après Pâques ! Cette parenthèse particulière où, après la mort de leur guide, les disciples sont démunis, car ils se pensent abandonnés. Tous ceux qui ont perdu ce compagnon de route sont désemparés et apeurés. Aucun n’imagine alors qu’il puisse encore être avec eux où qu’il va revenir. À tel point que ces mêmes disciples ne le reconnaissent pas tout de suite, lorsqu’ils se retrouvent au milieu d’eux, dans la maison où ils se cachent. Pareil pour les femmes qui trouvent le tombeau vide et qui ne comprennent pas ce qui se passe. Que dire des disciples qui ne veulent pas croire ce que les femmes racontent et qui doivent vérifier sur place, de leurs propres yeux, que le tombeau est bien vide ? Et Thomas, qui ne l’ayant pas vu, ne veut pas y croire. Il en est de même aussi pour ces deux disciples, sur le chemin d’Emmaüs, qui voyagent avec un inconnu, sans comprendre que celui qui chemine avec eux est Jésus.
Se reconnaître dans l’égarement des disciples
Pourquoi, me direz-vous, J’aime particulièrement cette période où tous sont plongés dans l’égarement et le doute ? Justement parce que j’y trouve des similitudes avec ce que nous vivons chaque jour, dans les moments difficiles de nos vies ou de celles des personnes que nous accompagnons dans nos Fraternités. Dans ces instants, où comme les disciples nous nous sentons abandonnés, perdus, isolés, apeurés et désorientés, j’aime cette possibilité de se dire que ce sont justement là, que l’on peut croiser les personnes qui seront pour nous lumières, qui nous aideront à continuer le chemin. Parfois, nous ne les reconnaissons pas tout de suite. Nous pouvons les trouver dans notre fois si nous croyons, mais aussi simplement dans l’humanité. Il suffit pour cela de parvenir à voir en l’autre, cette parcelle d’humanité, d’aide qui va permettre de continuer à faire route avec nos fardeaux et malgré tout ce que nous traversons.
Fraternité et humanité : des repères fragilisés
C’est difficile de parler d’humanité et de fraternité par les temps qui courent, entre les guerres, les tensions politiques où les extrêmes s’amplifient et où les humains s’éloignent de plus en plus de ce qui pourrait ressembler à la fraternité. Les exemples de cette déshumanisation ne manquent pas. Je pense inévitablement aux guerres et à tous les civils innocents pris entre deux feux. Je pense aussi à ces nouveaux élus municipaux visés parce qu’ils n’ont pas la « bonne couleur de peau », « la bonne origine » ou « la bonne religion ». Que dire de la haine manifestée envers le genre, l’orientation, les idées des autres qui entrainent mensonges, insultes et parfois agressions. Pourquoi n’essayons-nous pas d’identifier dans cette diversité une joie, une chance pour l’humanité. Où est le respect de l’autre et du vivant en général ?
Prendre soin du vivant
Le respect du vivant, parlons-en aussi ! Que devient la planète dans tout ce chaos ? Elles semblent bien lointaines, les préoccupations pour la biodiversité et la sauvegarde de la planète. Que de retours en arrière sur des petits pas acquis si difficilement ces dernières années, anéantis parfois par des maires se servant de la peur et la bêtise plus forte que la confiance et l’espoir. Je pense à ces villes qui changeant de majorité, rétablissent les éclairages publics toute la nuit, prétextant plus de sécurité ou juste la valorisation du patrimoine. Se moquent-ils complètement des animaux perturbés par ces pollutions lumineuses ou de l’impact économique de ces lumières artificielles ? Je suis d’autant plus déçue, car c’est le cas dans ma commune tranquille de 6 000 habitants, où le maire jouant sur cette peur de l’insécurité, vient de rétabli l’éclairage nocturne, jusqu’à lors éteint entre 23h et 4h. Idem, pour la ville de Besançon, qui a fait de même, pour l’illumination de son immense citadelle, patrimoine oblige, cela peut-importe les colonies de chauve-souris et autres espèces de la faune locale.
Du doute à l’espérance : ces petites lumières qui changent tout
Ce sont ces petites choses sans importance pour certains, qui, moi, me font douter en demain. Et voilà que je me sens comme les disciples de Jésus après sa disparition, perturbée, déçue, découragée, abandonnée. Je me questionne sur ce que vont devenir ma Fraternité et la fraternité en général, dans ces désordres. Quels événements vont encore nous séparer et cliver plus les humains demain ? C’est alors que, dans ce doute, je croise le sourire de cet enfant à qui j’ai juste ramassé son doudou tombé de la poussette. C’est là aussi que l’artisan, à qui on vient de payer son travail, nous redonne 50€ pour notre Frat, parce qu’il aime ce que nous y faisons et prend d’un coup le visage d’un frère. C’est dans l’étreindre cette autre qui vous prend dans ses bras dans une accolade fraternelle, parce que vous lui avez juste dit dans ce moment difficile qu’elle traverse, que vous étiez là pour elle, n’importe quand, si besoin.
Oui, j’aime ce temps, comme au lendemain de Pâques pour les disciples, qui s’illumine de petits signes, de petites parcelles d’amour fraternel, qu’il nous faut prendre le temps de reconnaitre. À vous tous de savoir les voir, les saisir et de faire de toutes ces petites lumières, une Espérance en l’humanité pour demain.
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