Après le 8 mars : la fraternité comme exigence d’égalité
Le 8 mars vient de passer. Comme chaque année, la Journée internationale des droits des femmes a rappelé une réalité que nous ne pouvons ignorer : l’égalité entre les femmes et les hommes reste une conquête inachevée. Pour la Mission Populaire, cette question ne se limite pas à une date dans le calendrier. Elle s’inscrit dans une histoire et dans un engagement quotidien.
Depuis la fin du XIXᵉ siècle, la Mission Populaire s’est construite dans une tradition de protestation sociale et de solidarité avec les personnes les plus fragilisées. Dans les quartiers populaires, dans les Fraternités, dans les lieux d’accueil et d’entraide, une conviction demeure : la dignité humaine n’est pas négociable. Or cette dignité est encore trop souvent mise à mal pour les femmes.
Les inégalités salariales persistent. Les violences sexistes et sexuelles restent massives. La précarité touche particulièrement les femmes, notamment les mères isolées, les femmes migrantes ou celles déjà confrontées à des situations de fragilité sociale. Dans les quartiers où la Mission Populaire est présente, ces réalités se croisent et se renforcent.
Derrière les statistiques, il y a des vies. Des femmes qui élèvent seules leurs enfants tout en cumulant des emplois précaires. Des femmes qui apprennent le français pour retrouver une autonomie. Des femmes qui cherchent simplement un espace où leur parole est reconnue.
Dans de nombreuses Fraternités, ce sont souvent elles qui franchissent les portes en premier. Elles viennent pour leurs enfants, pour apprendre, pour rompre l’isolement. Et peu à peu, elles deviennent actrices : bénévoles, animatrices, organisatrices d’initiatives solidaires.
Ce mouvement est précieux. Mais il ne suffit pas.
Car la fraternité ne peut pas être seulement un espace d’accueil. Elle doit aussi être un levier de transformation sociale. À la Mission Populaire, nous croyons qu’une société plus juste passe par la reconnaissance pleine et entière de la place des femmes. Cela signifie défendre leurs droits, lutter contre toutes les formes de domination, mais aussi reconnaître leur capacité d’agir, leur parole et leur pouvoir d’initiative.
La tradition protestante à laquelle nous appartenons porte en elle une exigence de liberté et de responsabilité. Elle nous rappelle que la foi ne peut pas se vivre à distance du monde, et que l’Évangile appelle à se tenir du côté de celles et ceux dont la voix est trop souvent ignorée. Le combat pour les droits des femmes n’est donc pas une cause parmi d’autres. Il est une condition essentielle d’une société réellement fraternelle.
Le 8 mars est passé. Et l’égalité doit continuer à se construire : dans les lois, dans les institutions, mais aussi dans les pratiques quotidiennes, dans les associations, dans les quartiers, dans les relations entre les personnes. C’est précisément là que la Mission Populaire veut continuer d’agir. En ouvrant des espaces où les femmes peuvent prendre la parole. En soutenant leurs initiatives. En refusant les fatalités sociales. Et en affirmant que la fraternité n’a de sens que si elle inclut pleinement l’égalité.
Car une société fraternelle est une société où les femmes ne doivent plus lutter seules pour leurs droits. Et si la fraternité était aussi cela : un engagement collectif pour que l’égalité devienne enfin une réalité ?
On ne peut donc être jamais tranquille !?
Quand ce n'est pas le moment, quand ce n'était pas prévu, quand on est interrompu, dérangé. On...
Pour qu'aucun petit billet de cinq euros n'humilie plus personne
Valérie Rodriguez, équipière-directrice de la fraternité de la Mission populaire de Trappes ...
Roman est mort tout seul sur un banc
Texte inspiré par un drame survenu la semaine dernière au Foyer de Grenelle, l’une des...
Escalade
La MPEF a demandé aux Fraternités de remonter l'impact que la situation au Proche-Orient avait...
Israël-Gaza : "des artisans de paix se sentent abandonnés" Solange Weiss
Solange Weiss est pasteur de l'église protestante unie du bocage normand, à Condé-en-Normandie....
Ceux qui mangent le pain des Français
Valérie Rodriguez, secrétaire générale de la Mission Populaire Évangélique de France réagit au...