Histoire d’eau !
À partir de son expérience de la canicule et d’un voyage jusqu’au glacier du Rhône, Sylvain Cuzent nous invite à mesurer les effets très concrets du dérèglement climatique. Face à la fonte des glaciers et à la raréfaction des ressources en eau, il appelle à une prise de conscience collective et à des engagements concrets.
Alors que les médias nationaux annonçaient en août que la France connaissait un cinquième épisode de canicule, les habitants d’Orange et de la région se seraient presque sentis chanceux. En effet pour eux on en était toujours au premier épisode, mais il avait débuté le 26 mai ! Pas de répit en effet au cours de douze semaines de chaleur. Le thermomètre avait régulièrement dépassé les 40° et les nuits en-dessous de 28° se comptaient sur les doigts d’une main. Certes plusieurs orages avaient apporté un peu de fraicheur nocturne et de soulagement à la végétation assoiffée, mais l’impression dominait de vivre une fournaise sans fin accompagnée d’une sécheresse exceptionnelle.
Comme ma fille m’avait proposé un petit voyage dans la Suisse profonde j’ai profité d’une parenthèse au pays du chocolat qui avait bien du mal à demeurer croquant. Nous avons remonté la vallée du Rhône jusqu’au hameau de Gletsh, au glacier qui donne naissance à ce grand fleuve d’Europe à 2200m d’altitude. Si en 1900 le glacier descendait jusqu’au hameau à 1800m d’altitude aujourd’hui il n’en est plus visible. Il a reculé de 2,5km et son épaisseur diminue chaque année de 25 à 50cm. Qu’en restera-t-il dans 5 ans ? dix ans ?
A l’approche d’une conférence des Nations unies sur l’eau en décembre prochain, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a publié un rapport sur l’état des ressources en eau. Le constat est alarmant : les nappes s’épuisent, les rivières offrent un spectacle d’intermittence, les glaciers fondent. La terre retient moins d’eau douce et les volumes accumulés sur et sous la surface des continents déclinent régulièrement. « Nous sommes en train de vider notre compte épargne » déplore la secrétaire générale de l’OMM alors que la demande en eau continue d’augmenter. Tandis que plus de 2 milliards de personnes ne disposent pas d’un accès sûr à l’eau, des épisodes pluvieux intenses se multiplient, notamment dans des zones qui ne sont pas les plus responsables des dérèglements climatiques. Ils ont causé la mort de plus de 60.000 personnes entre 2021 et 2025.
Au-delà des climatiseurs et des brumisateurs, une prise de conscience est urgente. Mobilisons-nous pour que les candidats à la présidentielle s’engage pour des actions concrètes permettant de s’adapter et lutter à la source de ce changement climatique majeur.
On ne peut donc être jamais tranquille !?
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