Assemblée Générale des 24 et 25 Mars 2007
RAPPORT D’ACTIVITES
Cette année 2006-2007 a connu des
temps heureux et d’autres bien sombres.
1/ Des temps heureux, des temps sombres :
La MPEF, avec son histoire, sa mémoire, ses
choix et ses actions, participe à l’aventure humaine.
Cette communauté ne se réduit pas à elle-même, elle n’a pas
de frontières, elle est ouverte, accueillante, structurante,
sans être étouffante. Chacun y est invité à égalité,
valorisé par les liens fraternels.
Là, dans ce lieu aux multiples facettes,
l’Evangile crée, d’une manière qui nous échappe le plus
souvent, l’événement, Il transforme les hommes et les
femmes, Il bouleverse les situations, Il apporte du sens et
de la saveur, du souffle et du courage.
Des équipiers ont rejoint, en Juillet 2006,
cette Communauté de partage. Nous les saluons :
-
Laurent
Schlumberger exerce son ministère pastoral au Foyer de
Grenelle, où il s’est installé avec Sophie, tandis que
Chantal et Jean-Pierre Molina se sont laissés apprivoiser
par les habitants et les paysages du sud.
-
Stéphane
Lavignotte, pasteur - proposant, a accepté de prendre le
relais à la Maison Verte, après le départ d’Eric Masse.
Stéphane réside dans le 10ème arrondissement de
Paris où Véronique a une responsabilité politique.
-
Dominique
Keller a succédé à Lambert Van Dinteren, à la Fraternité de
Saint-Nazaire, pour y accomplir une mission durant une
année.
Nous nous réjouissons de ce renouvellement du
corps des équipiers, et nous souhaitons que ces amis
s’épanouissent dans ce travail parfois rude et exigeant,
souvent surprenant et enrichissant.
Ce mouvement signifie qu’il y a eu des
départs :
A Nantes, Titia et Redouane Es-Sbanti ont
laissé un grand vide. Une équipe autour d’Hélène Cavalié
donne le maximum de temps et d’énergie pour que la maison
fonctionne dans les meilleures conditions.
Edouard Faba, après plusieurs années au
service de Soleil et Santé et du Picoulet, reste cependant
un recours précieux pour la MPEF.
Bryan Parrish va quitter la fraternité de La
Rochelle après dix-neuf ans de service. Sa présence a été
reconnue et appréciée, son ministère a rayonné au-delà de la
fraternité et dans toute la ville. Nous lui disons notre
profonde reconnaissance.
Bruno Ehrmann quant à lui, a été maintenu,
pour un an, équipier retraité-bénévole, au Foyer de
Grenelle, en attendant la relève. Qu’il en soit vivement
remercié. Avec Babette, il agrémentera son temps entre le
Poitou et Paris, tout en restant actif dans de nombreuses
associations, notamment au sein de la MPEF, comme membre du
Comité National, et de son Bureau.
Il nous a été donné de vivre deux belles
fêtes anniversaires grâce aux fraternités de Nantes et du
Picoulet, des ouvrages ont été édités à cette occasion.
Savoir que l’on est issu d’une histoire, faire mémoire, non
pour la fossiliser, mais pour marcher vers un avenir de vie,
aide à dessiner les contours du futur.
Dans ce paysage serein, une terrible nouvelle
nous a profondément attristés avec la mort de Christian
Garin. Cet ami a beaucoup compté dans la MPEF. Bertrand
Vergniol, présent au culte d’action de grâce à Lausanne, a
retracé son cheminement, et l’a exprimé avec émotion.
Christian fondait sa foi sur le Christ. C’est sur lui qu’il
s’appuyait pour essayer de rendre notre monde plus beau et
plus humain. Nous avons pour Anne et ses fils une pensée
affectueuse. La voix de Christian manquera à tous ceux qui
l’aimaient.
Christian avait pris une part active à la
préparation de la rencontre des équipiers à Rouen. Convaincu
de la spécificité de la MPEF, toute sa vie il a jeté des
ponts entre la Suisse et la France, ardent militant, il
avait demandé à venir passer quelques années pour servir
dans une Fraternité, à Roubaix précisément, où il a exercé
son ministère pendant un an et demi.
2/ Jalons qui ont marqué l’année :
- Les séances du Comité National :
Les Echos du CN rédigés
par le président permettent aux équipiers et aux présidents
des fraternités d’être régulièrement informés de ce qui se
vit au sein de la MPEF.
Dans l’ensemble, le lent et patient processus
de consolidation et de clarification, commencé il y a
plusieurs années, porte ses fruits : avec le Congrès de La
Rochelle, avec l’élaboration des nouveaux statuts et des
conventions, avec les visites du secrétaire général, avec
l’attention soutenue du président et du bureau, dans un
dialogue confiant et critique, avec une gestion financière
bien tenue et maîtrisée.
Nous avons été confrontés néanmoins, à
plusieurs grosses difficultés à la Maison Verte et à
Roubaix. Le comité national et le secrétaire général y ont
fait face, avec détermination et dans la douleur, avec le
souci de sauver la situation . Afin de prévenir de tels
problèmes, il était nécessaire de faire une analyse
objective et d’en tirer les conclusions qui s’imposaient.
En effet, une crise n’arrive pas soudainement
et par hasard, elle naît de problèmes institutionnels ou
personnels, il faut avoir le courage de les affronter avant
qu’ils ne s’enveniment et perturbent gravement la vie d’une
fraternité.
Le comité national réfléchit, à cet égard, à
mettre en place un code de déontologie et une instance
d’alerte et de vigilance, qui permettraient de flairer,
voire d’anticiper les problèmes, de dénoncer les
dysfonctionnements, d’aider à les résoudre, dans un dialogue
et une écoute fraternels et exigeants.
- Dialogue et écoute :
Pour que la Mission Populaire forme un corps
harmonieux, il est essentiel que se poursuive cet état
d’esprit, ce style de relations :
Dialogue entre les fraternités :
- avec une vie régionale qui se remet en
route : en Juin, une journée conviviale, avec des temps
d’échanges, a réuni à Trappes des personnes et des familles
venant d’horizons différents. D’autres sont prévues, en
particulier à Lyon, avec le comité suisse, Toulouse
Ouverture, la Mirly, les fraternités de la Belle-de Mai et
de La Duchère, sur le thème : « accueillir : passer de
l’attitude stéréotypée à l’exigence d’une vocation ».
- avec des rencontres organisées entre
permanents, et qui permettent aux uns et aux autres de se
ressourcer, de se parler, de se confier, de se former, de
sentir une communion dans un même service.
Dialogue avec les instances nationales :
La rencontre des trésoriers, présidents, et
permanents, très suivie par les fraternités, leur assiduité
en est le signe, est devenue un lieu d’analyse, de
propositions, de concertation, de formation et de
solidarité. Les fraternités participent ainsi activement à
la politique générale de la MPEF.
L’assemblée générale nationale, les lettres
d’automne et de printemps, les circulaires, le journal
Présence, Partage, sont autant de ponts qui permettent de
porter ensemble l’institution.
Un autre lien pourrait s’instaurer lors des
assemblées générales des fraternités, avec la participation
systématique d’un représentant désigné par le comité
national et invité par la fraternité, pour prendre part aux
débats, expliquer les choix et la politique du Comité
National, pour entendre et prendre en compte les attentes
des fraternités. Cet aller-retour consoliderait la
communication et la cohésion de l’ensemble de la MPEF.
Les Conventions signées par la plupart des
fraternités, sont un profond changement dans la vie
institutionnelle de la MPEF. En quelques mots, j’en
rappelle l’importance : Les conventions sont les documents
contractuels qui justifient et clarifient les mises à
disposition de personnes, de locaux et de services, et les
versements mutuels correspondants, entre les Fraternités et
la MPEF.
Elles ont été mises en route dès l’Assemblée
Générale de janvier 2006 sous une rédaction-type générale ;
elles ont donné lieu à des discussions et explications
vives, et des propositions de révisions, ce qui est normal
car elles touchaient aux forces vives de toutes les parties.
Un an après leur lancement, elles sont
aujourd’hui pratiquement toutes signées ou en cours de
signature.
Dialogue avec les partenaires :
Nous prenons conscience à travers des
échanges, des réflexions sur l’éducation populaire, des
débats théologiques, des rencontres sur les problèmes de
société, que nous sommes en mesure de poser, avec nos
partenaires « naturels »( les EOP, Soleil et Santé, la
Croix-Bleue, les comités suisse et britannique, les missions
urbaines etc… ), les bases d’un Mouvement du Christianisme
Social. L’idée d’un grand Rassemblement en 2009, initié par
la MPEF, sur le thème du travail, pourrait en être les
prémices.
- Autour de la Parole publique
La rencontre des équipiers:
Est un temps souvent vécu avec plaisir. Il
permet cette distance nécessaire pour faire le point. Il
permet un échange avec le Comité National. Il offre un
espace de formation et de détente. Des partenaires et des
amis se joignent à ces moments. En Septembre, près de Rouen,
Henry Mottu, et Christian Garin ont introduit le thème :
« Avons-nous une Parole Publique ? » La parole d’une Eglise
( ou son silence ! ) est publique au premier sens : elle
touche le collectif d’un peuple entier, le politique. Pour
être en mesure de prendre la parole il faut faire un travail
critique, il faut favoriser un débat interne, et avoir des
réflexions et des outils.
Il faut du courage. La pratique libre de
Jésus ( cf. les Evangiles ), sans préalables ni conditions,
- mais non sans confrontations ! – invite à dire le vrai des
situations publiques et populaires, en regardant en face les
menaces de souffrances, les pressions des autorités, les
jugements du monde. Pour ne pas éroder la parole publique,
il faut la prendre à bon escient, et (ré)apprendre l’art de
fabriquer des prises de position. Réfléchir à leur support :
texte, geste, acte symbolique, déclaration.
Alors , « avons-nous une Parole publique ? ».
« Si tu fermes ta porte aux cris de ton
voisin, ils te parviendront par la fenêtre »
( proverbe arabe)
Les cris sont nombreux, avec la montée des
peurs et des violences, la ghettoïsation sociale et urbaine,
la résignation, l’évasion ( alcool, drogues, addictions ),
l’incurie des décideurs. Les cris sont nombreux face à un
messianisme de la croissance, du travail, de la
consommation, au détriment du bien être de la nature et des
êtres humains.
Ils le sont face à la menace écologique.
En écho à ces cris, une caractéristique anime
les membres de la MPEF :
« Espérer, croire à un avenir, ne pas baisser les bras,
offrir un lieu de parole et pour la Parole. »
Cette espérance se concrétise dans les
fraternités, par des gestes d’ouverture, des signes de
réconciliation, des combats contre les forces malignes, des
détresses surmontées ; des pans entiers de murs de fatalisme
tombent, les muets osent parler, les courbés se redresser.
cette réalité s’exprime par les rencontres en interne et
dans les quartiers, par les formations, les solidarités, la
rédaction de journaux, les débats, les fêtes, les
célébrations.
Dans les fraternités il y a de fait une
Parole publique.
Sur le plan national :
Cette Parole est relayée à travers des
réseaux, des contacts, des interventions des membres de la
MPEF, du Président et du bureau, du Secrétaire Général. Elle
est aussi reprise par le journal Présence, dans ses
articles, ses éditoriaux, et ses dossiers. Pour que cette
Parole ait plus d’échos, la commission Présence, en accord
avec le Comité National, propose de diffuser largement,
quand l’événement l’impose, « un tiré à part recto-verso »,
apportant des éléments de réflexion ou une prise de position
officielle de la MPEF. Cela aurait pu être fait au moment de
la crise du CPE, des expulsions à Cachan …
Dans le quotidien de ses Fraternités, et du
National, la Mission Populaire a une Parole publique. Mais
est-ce satisfaisant ? Est-elle assez présente dans le
concert des Associations ? Y a-t-il un déficit
d’interventions publiques de la part de la MPEF ? Faut-il
déléguer des représentants de la MPEF pour intervenir lors
de débats, de manifestations, de campagnes ? Faut-il que la
MPEF intervienne plus souvent dans les médias ? Il serait
intéressant de connaître le point de vue de notre Assemblée.
A l’horizon :
Ce rapport est en continuité avec celui que
j’ai rédigé l’an dernier.
Certaines activités se sont concrétisées :
l’accueil des enfants par les familles suisses et
mazamétaines a été très positif, déjà des enfants sont
inscrits pour un prochain séjour ; pendant l’année, certains
gardent des liens précieux avec les familles.
Des questions restent d’actualité :
la composition du Comité National, sa représentation, le
renouvellement des commissions, la création d’une commission
immobilière, la pertinence de nommer un animateur biblique
au plan national, la mise en place d’une charte des
braderies, miettes ou vestiaires, une réflexion sur la
création de nouvelles fraternités pas seulement orientées
vers un service social, mais aussi vers des temps de partage
sur la vie personnelle et professionnelle et communautaire…
Quelques fraternités ont précisé leurs
objectifs. Une synthèse, jointe à ce rapport, a été
préparée par Robert Olivier et Bernard Serres. Elle en
montre les évolutions, les priorités, les innovations, les
convergences. Ce document est précieux et pourra être repris
dans les conseils.
Après quelques années de service à vos côtés,
je transmettrai le relais au pasteur Jean-Pierre Rive. Les
hommes et les femmes passent, avec leurs forces et leurs
failles … l’histoire de la MPEF continue, inspirée par la
parole du Ressuscité, entraînée vers des chemins nouveaux.
Je souhaite à Jean-Pierre qu’il puisse aider à maintenir ce
cap, et à tisser des liens de fraternité, ceux-là mêmes qui
m’ont permis de tenir le coup, et pour lesquels je vous
remercie tous, du fond du cœur.
Richard Dahan